L’America Party est le nom du mouvement politique de l’homme d’affaires américain, d’origine sud-africaine. Par cette action, il veut sortir de la logique bi-partisane historique des Démocrates et Républicains. Mais ce n’est pas tout. La création de son parti politique est une conséquence des relations exécrables avec l’actuel président américain, qui s’est déportée sur la place publique au point où l’homme d’affaires a dû quitter son poste au DOGE, le Ministère américain de l’efficacité gouvernementale. Ce département avait été créé dans le but de réduire les dépenses publiques, lors du premier jour du mandat du chef d’État républicain. Les divergences relevées entre les deux hommes se sont accrues au fil des mois, notamment au sujet des projets fiscaux et budgétaires.
Créer un nouveau parti politique aux Etats-Unis, même quand on est l’homme le plus riche du monde, ce n’est pas comme ouvrir une entreprise ordinaire. Non seulement le milliardaire doit faire face aux autorités électorales fédérales, aux conditions d’enregistrement, mais aussi faire grandir sa future base politique, un exercice pas du tout évident.
Par exemple, les règles électorales, à la fois fédérales et locales, rendent l’accès aux bulletins de vote particulièrement complexe. Chaque État fédéral américain impose ses propres conditions, souvent lourdes, et les deux grands partis républicain et démocrate, ont tout intérêt à maintenir ce verrou institutionnel. De plus, il n’existe pas d’élection proportionnelle aux Etats-Unis, où le système majoritaire à un tour est privilégié. Ainsi, un parti qui récolte 10% des voix au niveau national, n’aura aucun siège: Conséquence, il sera difficile pour Musk de convaincre, encore que même le financement de son parti politique est une équation à double tranchant. La loi américaine Mc Cain de 2002 sur le financement des partis politiques, fixe un plafond de dons à 450.000 dollars environ. Ce qui signifie que Elon Musk, aura besoin des centaines de co-donateurs dans le cadre de son parti, en tout état de cause, le boss de Twitter ne peut pas financer son mouvement tout seul.
Pour de nombreux observateurs avertis, le parti de Musk est voué à la disparition. En rappel, en 1992, Ross Perot avait créé la surprise avec 19% des voix à la présidentielle. Par la suite, Andrew Yang avec son Forward Party, le mouvement No Labels en 2024, ou encore Robert F. Kennedy Jr., finalement passé d’indépendant à soutien de Donald Trump en 2025. Pour d’autres, le patron de Space X se livre à une guerre d’égo liée à son trop plein de confiance depuis qu’il a racheté le réseau social de Jack Dorsey. Il s’agit sans doute d’un trompe-oeil bien ficelé pour empêcher les autorités américaines de mettre leurs menaces à exécution dans le cadre des nouvelles lois fiscales du gouvernement Trump.
Quelques jours auparavant, Donald Trump avait menacé de supprimer les subventions fédérales d’un montant d’un milliard de dollars dont bénéficient les entreprises d’Elon Musk, et a même laissé entendre qu’il envisageait de l’expulser.





