L’audience du 1er juin 2026 a marqué l’entrée du procès de l’affaire Martinez Zogo dans sa section technique et technologique, avec l’entrée en scène du 32e témoin. Appelé à la barre, le Pr Georges Bitchoka, spécialiste en sécurité et protection des systèmes d’information, sous-spécialité cryptologie, a répondu à une question centrale du ministère public : «pouvez-vous dire au Tribunal les liens et connexions qui existent avec chaque accusé, de la planification jusqu’à l’assassinat de Martinez Zogo ? Ou encore les positions que chaque accusé avait dans l’affaire ?». En guise de réponse, l’expert a procédé à la diffusion d’un extrait de torture de l’ancien chef de chaine de Amplitude FM.
Selon plusieurs témoins, la vidéo a dévoilé des images d’une violence extrême montrant la torture de Martinez Zogo. La veuve de l’animateur, incapable de supporter la scène, s’est effondrée en larmes avant de perdre connaissance. Dans la séquence, on voit Martinez Zogo, le corps ensanglanté, implorant pour sa vie tandis que ses tortionnaires redoublent de brutalité. L’audience, bouleversée, a été suspendue à 15 h. L’expert a établi «qu’il y a bel et bien une forte connexité entre certains présumés assassins en détention».
L’affaire Martinez Zogo colle à la forte actualité camerounaise marquée par des pratiques de torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, physiques ou psychologiques, malgré leur absolue prohibition dans les textes en vigueur. La violence extrême générée par les actes de torture et autres formes de mauvais traitements constituent une atteinte intolérable à la dignité de la personne humaine. Les conséquences physiques et psychologiques pour les victimes de torture sont souvent très graves, voire irréparables, nécessitant de longs processus de réhabilitation et de réinsertion. Malheureusement, aucune réinsertion n’aura lieu pour Martinez Zogo.





