Le 17 Juillet 2025, l’entreprise publique des hydrocarbures SNH a procédé à la pose de la première pierre de CSTAR Refinery, une nouvelle raffinerie de pétrole brut couplée à un terminal de stockage de grande capacité. Accompagnée de sa filiale TRADEX, et du consortium ARIANA/RCG, la SNH voit l’avenir énergétique camerounaise en grand: Le projet CSTAR Refinery aura une capacité de 30.000 barils par jour, et sera implantée dans la zone portuaire de Kribi, plus précisément dans la localité de Lolabé, qui est d’ailleurs desservie grâce à une autoroute.
Ce complexe de raffinage, sera en mesure d’essorer la grande partie des besoins d’importations du Cameroun, vis à vis des produits pétroliers. De plus, le terminal de stockage proprement dit qui sera conçu dans les prochains mois, pourra contenir entre 250 000 et 300 000 mètres cubes de gasoil, essence, Jet A1, kérosène et HFO (Heavy Fuel Oil). Cette nouvelle raffinerie mise en construction, intervient alors que le pays fait toujours face aux conséquences de l’arrêt prolongé de la Sonara, endommagée par un incendie en Mai 2019, et qui n’a depuis repris aucune activité de raffinage. Malgré une production nationale de l’ordre de 72 000 barils de brut par jour, cela s’avère insuffisant pour une demande annuelle estimée à 1,9 million de tonnes métriques.
D’un coût estimé à 115 milliards de FCFA, le projet est structuré autour d’une société de droit émirati, sous la forme d’une SPV (Special Purpose Vehicle), détenue majoritairement par la SNH à hauteur de 65 %, contre 35 % pour son partenaire Ariana Energies, une entreprise privée spécialisée dans le secteur énergétique. En outre, le chantier est confié au consortium RCG Turnkey Solutions, en partenariat avec Global Process Systems (GPS) et Norinco International. Selon nos confrères d’Investir au Cameroun, ce groupement réputé pour son expérience, compte à son actif des projets tels que le complexe Huajin Aramco en Chine (300 000 BPD), le projet gazier Assa North-Ohaji South au Nigéria ou encore la raffinerie Takreer d’Adnoc aux Émirats Arabes Unis.
Les travaux de ce méga-projet vont durer 18 mois, pour une mise en service prévue en juin 2028. Selon un communiqué de Tradex daté du 28 avril 2025, les études de terrain ont débuté en Mai pour une durée de dix mois. La phase de construction, quant à elle, démarrera en mars 2026 et s’étalera sur seize mois.
Lors de la cérémonie de pose de la première pierre, Nathalie Moudiki, CEO de CSTAR, a évoqué une initiative « en droite ligne de la vision présidentielle » visant à positionner le Cameroun comme hub d’approvisionnement régional en produits pétroliers. En d’autres termes, de nombreux pays d’Afrique centrale, pourront se ravitailler en produits pétroliers au Cameroun grâce à cette nouvelle opportunité.
Dans ce contexte de grandes ambitions économiques, le projet CSTAR est présenté comme une alternative structurante de premier plan. D’après les estimations fournies par les instituts nationaux de statistiques, il pourrait réduire de 30 % les importations de carburants, permettant ainsi des économies annuelles de près de 400 milliards de FCFA au Cameroun. Les autorités misent également sur des recettes d’exportation estimées à 141 milliards de FCFA, principalement via les carburants marins. Au-delà de la réduction des importations, le projet pourrait injecter 600 milliards de FCFA par an dans la balance des paiements du Cameroun.
Sur le plan social et professionnel, le chantier promet la création de 2 000 emplois directs et 5 000 emplois indirects, ainsi qu’un transfert de compétences au bénéfice de la main-d’œuvre locale.





