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	<title>Mali - Afrique Monde</title>
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	<title>Mali - Afrique Monde</title>
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		<title>Mali : à chacun sa liberté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gerard Barbut]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Aug 2020 15:12:58 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’influent imam Mahmoud Dicko, figure morale dont le rôle a été crucial dans la mobilisation contre Ibrahim Boubacar Keïta, a remercié les militaires putschistes et appelé à « chasser les démons de la division », le 21 août. Installé par les putschistes depuis le 18 août, le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) avait alors, sous les youyous, par la voix de son porte-parole, le colonel-major Ismaël Wagué, annoncé : « nous sommes venus remercier le peuple malien pour son soutien. Nous n’avons fait que parachever le travail que vous aviez commencé ». Enthousiaste, l&rsquo;opposition s’était alors félicitée du coup d’Etat du 18 août, estimant que le colonel Assimi Goïta, 37 ans, avait « parachevé » sa lutte, et s&rsquo;était dite prête à élaborer avec la junte une transition politique, que les militaires affirment vouloir de courte durée.</p>
<p>« La junte a affirmé qu’elle souhaite faire une transition de trois ans pour revoir les fondements de l’Etat malien. Cette transition sera dirigée par un organe présidé par un militaire, qui sera en même temps chef de l’Etat », a fait savoir la délégation de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), à l’issue du deuxième jour de négociations avec la nouvelle équipe au pouvoir à Bamako. La délégation de Cédéao dirigée par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, était depuis le 22 août en terre malienne, pour négocier « le retour à l’ordre constitutionnel ». Au bout de trois jours de négociations, Goodluck Jonathan et sa délégation n&rsquo;ont obtenu qu&rsquo;une promesse de libération de l’ex-président. En toute discrétion, le CNSP a décidé de l&rsquo;opportunité de cet acte scruté par toutes les chancelleries.</p>
<p>Détenu depuis le 18 août au soir, déplacé à plusieurs reprises, c&rsquo;est finalement le 27 août au petit matin que l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta a été libéré. Il a été ramené par des éléments des forces spéciales maliennes à sa résidence de Sébénikoro, laquelle est sécurisée par la junte. Après avoir écarté l’éventualité d&rsquo;un retour au pouvoir, Ibrahim Boubacar Keïta a récemment émis le souhait de quitter provisoirement le Mali pour poursuivre un protocole de soins à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis, et le principe de ce séjour a été accepté par le CNSP. En première ligne dans les négociations pour la libération de l’ancien chef de l’Etat malien, la Cédéao a fait de la remise en liberté de l’ex-président un préalable à un assouplissement des sanctions à l’encontre de la junte. Après avoir rempli cette exigence de la Cédéao, la junte militaire attend désormais un retour d&rsquo;ascenseur de la Cédéao dont un nouveau conclave est prévu le 28 août.</p>
<p>Sous l&rsquo;action de la Cédéao et de l&rsquo;ONU, des 19 personnalités emmenées dans le camp militaire de Kati, dans la banlieue de Bamako, trois ont été libérées. « Nous avons autorisé une mission des droits de l&rsquo;homme de l&rsquo;ONU au Mali à rendre visite à tous les 19 prisonniers de Kati, y compris l&rsquo;ex-président Ibrahim Boubacar Keïta et l&rsquo;ancien Premier ministre Boubou Cissé », déclarait un responsable de la junte. Sur l&rsquo;identité des deux premiers à être élargis, la source révélait : « nous avons libéré deux prisonniers, l&rsquo;ancien ministre des Finances et de l&rsquo;Économie Abdoulaye Daffé et Sabane Mahalmoudou, le secrétaire particulier du président ». Après Ibrahim Boubacar Keïta, il en reste 16 à Kati. Le vent de liberté ne tardera pas à souffler sur leur tête avec l&rsquo;assouplissement des sanctions contre l’équipe du colonel Assimi Goïta par la Cédéao.</p>
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		<title>Réunion de la Cédéao sur le Mali : Umaro Sissoco Embaló inflige un camouflet à Alassane Ouattara et Alpha Condé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Raoul CHEUDJIO]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Aug 2020 10:43:59 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jeudi 20 août, les chefs d&rsquo;Etats de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l&rsquo;Ouest (Cédéao) étaient réunis, en vidéoconférence, pour une concertation consacrée à la situation au Mali, où depuis mardi, une mutinerie militaire a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta. Présidée par Mahamadou Issoufou, président du Niger, et président en exercice de la Cédéao, la réunion avait pour objectif principal de condamner unanimement le coup de force perpétré au Mali. « Nous demandons le rétablissement du président Ibrahim Boubacar Keïta en tant que président de la République du Mali », a lancé le président Mahamadou Issoufou au Comité national pour le salut du peuple (Cnsp), junte militaire dirigée par le colonel Assimi Goïta. Pendant le concert de condamnations, un dirigeant Ouest-Africain s&rsquo;est démarqué.</p>
<p>« Si un coup d’Etat est forcément condamnable, il faut condamner tous les coups d’Etat sans exception. A cet effet, les projets de troisième mandat anticonstitutionnel sont aussi des coups d’Etat et on ne peut pas les laisser prospérer impunément. Donc, si on doit condamner la junte malienne du Cnsp pour avoir fait un putsch, il faut également condamner Alpha Condé et Alassane Ouattara », a tranché Umaro Sissoco Embaló. Ce coup de tonnerre s&rsquo;est accompagné d&rsquo;un long silence brisé par les seuls éclats de rire de Muhammadu Buhari, le président du Nigeria, et Macky Sall, le président du Sénégal. Visés par les propos audacieux du jeune président bissau-guinéen, Alpha Condé et Alassane Ouattara sont entrés dans une grande colère. Les dirigeants de Côte d’Ivoire et de Guinée « bénéficient » chacun d&rsquo;une « remise à zéro » du nombre de mandat présidentiel, situation qui leur permet de briguer un troisième mandat lors des élections qui s&rsquo;annoncent explosives pour leur pays et pour la sous-région.</p>
<p>Voulant reprendre la main, Alassane Ouattara s’est permis un paternalisme mal placé en appelant le président Umaro Sissoco Embaló « fiston ». Ce dernier a sèchement répliqué : « il n’y a pas de fiston ici, il n’y a pas de petit pays ici. Il y a des chefs d’Etat, qui sont tous égaux et j’entends assumer pleinement la souveraineté de mon pays ». Le calme et la cogitation sont revenus à la suite de l&rsquo;intervention du président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Il a été particulièrement remarquable dans son analyse de la situation au Mali. Empruntant au style de son homologue bissau-guinéen pour désavouer Alassane Ouattara et Alpha Condé, il a soutenu qu’il est illusoire, voire utopique de penser au rétablissement d&rsquo;Ibrahim Boubacar Keïta au pouvoir. « Diplomatiquement, c’est infaisable. Militairement, c’est aventureux et politiquement, ce serait une agression contre la souveraineté du peuple malien », a justifié Roch Kaboré, refusant de s&rsquo;inscrire dans cette dynamique. Plutôt que de faire pleuvoir les sanctions sur le Mali, il a proposé qu’on aide le peuple malien à s’inscrire dans un schéma de sortie de crise pour le rétablissement rapide des institutions, dans l’intérêt de ce pays et de la sous-région. Cette position n&rsquo;a pas tardé à faire l’unanimité. Rajoutant ironiquement une couche, le président Sissoco Embaló a proposé au président Mahamadou Issoufou de continuer à présider la Cédéao jusqu’à la fin de l’année parce que, lui au moins, « n’a pas de problème de troisième mandat dans son pays ».</p>
<p>La réunion a donc fini par tourner au désavantage des deux larrons qui, la veille, se gargarisaient d’un prétendu soutien de leurs homologues et s’imaginaient triomphants. La déculottée a été particulièrement sévère pour Alassane Ouattara, qui, s’imaginant leader de la Cédéao, pensait qu’il pouvait mener ses autres collègues à la baguette. L’envoi d’une mission au Mali a été décidé pour rencontrer les nouvelles autorités et discuter du sort d&rsquo;Ibrahim Boubacar Keïta et des ministres. Tous les chefs d’Etat ont estimé que pour des raisons « stratégiques », il ne fallait pas associer Alassane Ouattara et Alpha Condé à cette mission de médiation.</p>
<p>Cependant, après la réunion le président Mahamadou Issoufou aurait reçu un coup de fil d’Alassane Ouattara. « Il a insisté, il veut être de la délégation qui se rendra à Bamako. Il considère que ne pas y aller serait faiblir », révèle une source. Alassane Ouattara « entend aller sermonner les soldats et l’opposition malienne. Il assure qu’il faut être ferme avec les militaires comme il le fait en Côte d’Ivoire », poursuit la même source. Le président en exercice de la Cédéao aurait marqué son accord pour que figure le président ivoirien dans la délégation qui se rend à Bamako dès le 22 août.</p>
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		<title>Mali: la Cédéao peut-elle « sauver » Ibrahim Boubacar Keïta ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Mercier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Aug 2020 09:36:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vendredi 21 août, les rues de Bamako étaient bondées de manifestants sortis dire merci à la junte militaire pour les avoir « libérés du joug » d&#8217;Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Fort de ce soutien, la junte a déclaré « attendre la délégation de la Communauté économique des Etats d´Afrique de l´Ouest avec plaisir ». La mission de la délégation [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vendredi 21 août, les rues de Bamako étaient bondées de manifestants sortis dire merci à la junte militaire pour les avoir « libérés du joug » d&rsquo;Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Fort de ce soutien, la junte a déclaré « attendre la délégation de la Communauté économique des Etats d´Afrique de l´Ouest avec plaisir ». La mission de la délégation de la Communauté économique des Etats d´Afrique de l´Ouest (Cédéao) consiste à mener des discussions et « faire comprendre aux responsables de la junte militaire que les temps de prise de pouvoir par la force sont révolus dans notre sous-région », a précisé le président du Niger, Mahamadou Issoufou, président en exercice de la Cédéao. Il sera aussi question de demander « la mise en œuvre immédiate d&rsquo;un ensemble de sanctions contre tous les militaires putschistes et leur partenaires et collaborateurs ».</p>
<p>Lors de la réunion en vidéoconférence, le président Mahamadou Issoufou a été clair. « Nous demandons le rétablissement du président Ibrahim Boubacar Keïta en tant que président de la République », a-t-il annoncé, pour préciser la principale mission de la délégation de haut niveau de l&rsquo;instance sous-régionale. Si du côté de la Cédéao le « retour immédiat de l&rsquo;ordre constitutionnel » est impérieux, du côté de la junte militaire, l&rsquo;heure est au retour au calme et à la stabilisation du Mali. Sur France 24, le porte-parole du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) a confié craindre une récupération de l&rsquo;actuelle situation par les groupes djihadistes. « C&rsquo;est notre hantise, voilà pourquoi on demande aux partenaires à continuer à nous aider pour stabiliser », a-t-il souligné vendredi. Dans la logique d&rsquo;un retour au calme, le colonel Assimi Goïta, chef du CNSP a autorisé « la réouverture des frontières aériennes et terrestres à compter du vendredi 21 août à 00 h 00 », et promis depuis mercredi dernier, d&rsquo;organiser des élections dans un « délai raisonnable ».</p>
<p>L&rsquo;appel formulé par le président français pour que le pouvoir soit « rendu aux civils », sans pour autant préciser les civils en question, semble conforter la junte militaire. Lors d’une conférence de presse au côté de la chancelière allemande Angela Merkel au Fort de Brégançon, Emmanuel Macron a fait une importante mise point. « La France n&rsquo;a pas à se substituer à la souveraineté malienne », a soutenu le président français, conscient que la présence de l&rsquo;armée de son pays est parfois mal perçue dans cette zone. Comme pour calmer la hantise déplorée par le porte-parole de la junte militaire, le président français a assuré que « rien ne doit nous divertir de la lutte contre les djihadistes ». Au demeurant, le président Emmanuel Macron a clairement « condamné un coup d&rsquo;Etat militaire contre un président démocratiquement élu par son peuple ».</p>
<p>Le 27 juillet déjà, la Cédéao pour calmer la crise qui rongeait progressivement le pouvoir de IBK, avait pris une série de mesures pour le Mali. L’exécution de certaines a malheureusement été stoppée par la mutinerie partie du camp militaire de la ville-garnison de Kati. Ces mesures portaient sur « la démission immédiate des 31 députés dont l’élection est contestée y compris le président du Parlement », « une recomposition rapide de la Cour constitutionnelle, conformément aux dispositions constitutionnelles du Mali », « la mise en place rapide d’un gouvernement d’union nationale avec la participation de l’opposition et de la société civile », « la mise en place rapide d’une commission d’enquête pour déterminer et situer les responsabilités dans les violences qui ont entraîné des décès et des blessés les 10, 11 et 12 juillet 2020 ainsi que les destructions des biens publics et privés » et « la mise en place d’un Comité de suivi de toutes les mesures prises qui comprendra des représentants du gouvernement, du parlement, de la société civile, de la magistrature, du M5-RFP, des femmes et des jeunes, avec la participation de l’Union Africaine et des Nations unies, sous la présidence de la Cédéao ». La nouvelle délégation de la Cédéao a véritablement du pain sur la planche au Mali.</p>
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		<title>Mali : le colonel Assimi Goita est le nouvel homme fort</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Jacques France]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Aug 2020 12:56:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En matière de coup d’Etat, tout particulièrement dans un pays qui a développé certaines traditions à cet égard, c’est une petite innovation : au lieu d’être annoncé par des militaires, le renversement qui a eu lieu au Mali, mardi 18 août, a été officialisé avec toutes les apparences de la bonne volonté et, de surcroît, [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriquemonde.fr/467/politique/mali-le-colonel-assimi-goita-est-le-nouvel-homme-fort/">Mali : le colonel Assimi Goita est le nouvel homme fort</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriquemonde.fr">Afrique Monde</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En matière de coup d’Etat, tout particulièrement dans un pays qui a développé certaines traditions à cet égard, c’est une petite innovation : au lieu d’être annoncé par des militaires, le renversement qui a eu lieu au Mali, mardi 18 août, a été officialisé avec toutes les apparences de la bonne volonté et, de surcroît, des remerciements, par celui qui venait d’en être la victime. Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé lui-même sa démission. Sur les ondes de l’ORTM, la radio-télévision nationale, le chef de l’Etat entre les mains de soldats mutins a remercié, « le peuple malien de son accompagnement au long de ces longues années », avant d’annoncer qu’il démissionnait de toutes ses fonctions et de déclarer la dissolution de l’Assemblée nationale et celle de son gouvernement, dirigé par un premier ministre, Boubou Cissé, arrêté en même temps que lui. Une déclaration qui marque le début d&rsquo;une grande période d&rsquo;incertitude.</p>
<p>Les Maliens ont, le lendemain, eu le cœur net sur la suite des événements. Le colonel Assimi Goita, s&rsquo;est présenté comme le chef de la junte qui a renversé la veille le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Lors d&rsquo;une conférence de presse au siège du ministère de la Défense à Bamako, cet officier malien s&rsquo;est présenté comme le président du Comité national pour le salut du peuple. « Je me présente : je suis le colonel Assimi Goita, le président du Comité national pour le salut du peuple », a déclaré le nouvel homme fort, entouré de militaires armés, après avoir rencontré des hauts fonctionnaires au siège du ministère de la Défense. Le colonel Goita était déjà apparu à la télévision dans la nuit de mardi à mercredi lors de l&rsquo;annonce par un groupe de militaires de la création de ce comité qui a poussé à la démission le président IBK, mais il n&rsquo;avait pas pris la parole.</p>
<p>« Il était de mon devoir de rencontrer les différents secrétaires généraux pour que nous puissions les assurer de notre soutien par rapport à la continuité des services de l&rsquo;Etat », a-t-il expliqué. Après avoir muselé IBK les militaires souhaitent un retour au calme et promettent une transition politique et des élections générales dans un « délai raisonnable ». « Le Mali se trouve dans une situation de crise sociopolitique, sécuritaire. Nous n&rsquo;avons plus le droit à l&rsquo;erreur. En faisant cette intervention hier, nous avons mis le pays au-dessus de tout, le Mali d&rsquo;abord », a-t-il poursuivi. Le patron des putschistes a annoncé la fermeture des frontières et l&rsquo;instauration d&rsquo;un couvre-feu. Il a appelé les Maliens à « vaquer librement à leurs occupations » et à « reprendre sainement leurs activités ». La situation au Mali est suivie de près par la communauté internationale.</p>
<p>Emmanuel Macron a estimé que « la lutte contre les groupes terroristes et la défense de la démocratie et de l&rsquo;Etat de droit sont indissociables. En sortir, c&rsquo;est provoquer l&rsquo;instabilité et affaiblir notre combat. Ce n&rsquo;est pas acceptable ». Le président français souhaite que le pouvoir soit « rendu aux civils », que « des jalons soient posés pour le retour à l&rsquo;ordre constitutionnel » et que le président malien et son Premier ministre soient libérés. La force « Barkhane » continue son travail pour l’instant. L&rsquo;état-major français, qui déploie 5 100 hommes au Mali pour lutter contre les groupes terroristes au Sahel, assure que « les opérations ne sont pas interrompues ». Le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé mercredi les soldats mutinés au Mali à « regagner sans délai leurs casernes » et à libérer « immédiatement » tous les dirigeants arrêtés. Lors d&rsquo;une réunion d&rsquo;urgence à huis clos, les pays membres ont également « souligné la nécessité pressante de rétablir l&rsquo;Etat de droit et d&rsquo;aller vers un retour de l&rsquo;ordre constitutionnel ».</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-469" src="https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/revolte-mali-2020.jpeg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/revolte-mali-2020.jpeg 1080w, https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/revolte-mali-2020-600x337.jpeg 600w, https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/revolte-mali-2020-300x169.jpeg 300w, https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/revolte-mali-2020-1024x576.jpeg 1024w, https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/revolte-mali-2020-768x432.jpeg 768w, https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/revolte-mali-2020-750x422.jpeg 750w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
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		<title>Mali : qui de la rue ou de l&#8217;armée a réellement eu raison de IBK ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Guy Pierre Marie]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Aug 2020 08:08:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Ibrahim Boubacar Keïta]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis la publication des résultats des législatives par la Cour constitutionnelle, le 30 avril, les manifestations pour les contester n&#8217;ont jamais faibli. De Bamako à Kayes, en passant par Sikasso et Sévaré, des manifestants ont toujours dénoncé, bravant les couvre-feux, les différences entre les résultats provisoires annoncés par le ministère de l’Administration territoriale et de [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.afriquemonde.fr/463/politique/mali-qui-de-la-rue-ou-de-larmee-a-reellement-eu-raison-de-ibk/">Mali : qui de la rue ou de l&rsquo;armée a réellement eu raison de IBK ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.afriquemonde.fr">Afrique Monde</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis la publication des résultats des législatives par la Cour constitutionnelle, le 30 avril, les manifestations pour les contester n&rsquo;ont jamais faibli. De Bamako à Kayes, en passant par Sikasso et Sévaré, des manifestants ont toujours dénoncé, bravant les couvre-feux, les différences entre les résultats provisoires annoncés par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, un des trois organes en charge de l’organisation du scrutin, et ceux publiés par la Cour. Après un temps de lassitude, les manifestations ont repris de l&rsquo;ampleur depuis le mois de juin, nourries par une série de mécontentements contre le système politique et la gouvernance dans sa globalité. La nomination du président de l’Assemblée nationale du Mali, un ami du fils d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), eut l&rsquo;effet de l&rsquo;huile sur le feu. Le fait que le Premier ministre, Boubou Cissé, ait été reconduit à son poste alors qu’il devait normalement démissionner à la suite des tueries du 11 et du 12 juillet 2020, a également envoyé un très mauvais signal. Finalement, c’était IBK et son système de gouvernance qui devaient prendre fin pour le M5. Une grande partie de la jeunesse et de certains leaders du M5, voulaient purement et simplement sa démission. L&rsquo;intervention de l’armée apparaît, aux yeux des Maliens, comme une solution pour résoudre la crise politique qui ébranle le pays depuis plusieurs mois.</p>
<p>Elu en 2013, la réélection de IBK en 2018 avec 67,7% des voix a connu de vives contestations. Enlevé par des militaires, le 18 août, IBK, l&rsquo;homme fort du pays n’est plus le président du Mali. Dans la nuit de mardi à mercredi, il a été  contraint d&rsquo;annoncer lui-même sa démission à la télévision nationale ORTM. L’Union africaine (UA) a exigé ce mercredi la « libération immédiate » du président Keita, tout comme l’Union européenne (UE), qui a aussi réclamé le « retour de l’Etat de droit » au Mali. Les Etats-Unis ont dénoncé, par la voix du chef de la diplomatie, Mike Pompeo, une « prise du pouvoir par la force ».</p>
<p>La chute de l’homme fort du pays, dont l’arrestation par l’armée a été condamnée par la communauté internationale, rappelle celle de son prédécesseur, en 2013. Il y a plus de huit ans, en mars 2012, Amadou Toumani Touré, était aussi renversé par l’armée, accusé d&rsquo;« incompétence » face à une offensive des rebelles touaregs dans le Nord du Mali. La crise avait alors entraîné l’opération française « Serval » au Mali, puis l’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta en août 2013. Il existe un lien, mais les deux contextes sont différents. En mars 2012, Amadou Toumani Touré a été renversé car il n’était pas parvenu à résoudre la crise dans le nord du pays, qui était alors attaqué par les rebelles touaregs avec une implication des groupes djihadistes. La promesse d’Ibrahim Boucabar Keita était de ramener l’ordre, mais la situation s’est aggravée. Alors qu’à l’époque, ce problème se cantonnait au Nord du pays, désormais, le centre est également occupé par les groupes terroristes, délaissé par l’Etat. Désormais, il n’y a pas une région où il n’y a pas d’attaque.</p>
<p>Mais la situation sécuritaire n’explique pas tout à la crise actuelle. La crise est multidimensionnelle. Cela fait trois ans que l’école malienne est en panne et, depuis 2012, dans certaines zones au nord du pays, il n’y a plus d’école. Les écoles publiques sont délaissées. Quant aux écoles privées, elles sont inaccessibles, car trop chères pour les citoyens lambda. Les jeunes diplômés n’arrivent pas à trouver du travail, malgré leur formation. Les Maliens ont l’impression que leur pays ne se développe plus, à cause de la corruption et de l’impunité. A cela s’est greffée la crise politique, après les élections législatives organisées en mars et avril. A la question de départ, il ressort que la rue est majoritairement responsable de la sortie brutale de IBK. Mais après lui, à qui le tour ?</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-464" src="https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/arrestation-de-Ibrahim-Boubacar-Keïta.jpeg" alt="" width="1080" height="607" srcset="https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/arrestation-de-Ibrahim-Boubacar-Keïta.jpeg 1080w, https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/arrestation-de-Ibrahim-Boubacar-Keïta-600x337.jpeg 600w, https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/arrestation-de-Ibrahim-Boubacar-Keïta-300x169.jpeg 300w, https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/arrestation-de-Ibrahim-Boubacar-Keïta-1024x576.jpeg 1024w, https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/arrestation-de-Ibrahim-Boubacar-Keïta-768x432.jpeg 768w, https://www.afriquemonde.fr/wp-content/uploads/2020/08/arrestation-de-Ibrahim-Boubacar-Keïta-750x422.jpeg 750w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
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