Vingt-trois ans après son premier déplacement en terre camerounaise, le souverain monégasque a été reçu en audience, vendredi 30 octobre, par le président de la République, Paul Biya, au Palais de l’Unité, à Yaoundé. Au centre de cet entretien au sommet, qui aura duré près d’une heure : le renforcement des relations bilatérales et l’exploration de nouvelles perspectives de coopération entre le Cameroun et la Principauté de Monaco.
Entre économie et écologie: une vision bilatérale commune
L’audience accordée par le Président Paul Biya à Albert II de Monaco, a porté sur des thématiques symétriques d’intérêt commun, de nature économique et d’industrie verte. Depuis 2003, ce partenariat entre le Cameroun et la Principauté de Monaco, s’est progressivement consolidé autour de plusieurs secteurs prioritaires, notamment la santé, l’action sociale, l’humanitaire et la protection de l’environnement. Illustration de cet engagement, le Centre Edimar Princesse Grace, soutenu depuis 2001 par l’association Monaco Aide et Présence, accompagne plus de 160 enfants et jeunes en situation de rue, dont 30 bénéficient de bourses. Sur le front écologique, Monaco prévoit une contribution de 1,5 million d’euros au Fonds du Cadre mondial pour la biodiversité entre 2026 et 2030, avec l’ambition de doubler, d’ici 2028, ses financements climatiques en faveur des pays en développement, dont le Cameroun. Un engagement qui concerne également la préservation du bassin du Congo, au cœur des priorités de la Fondation Prince Albert II. Le volet économique a constitué l’une des principales attentes autour de cette audience avec le Chef de l’Etat camerounais. Bien que les échanges commerciaux directs entre les deux pays restent marginaux, les secteurs stratégiques concernés et les éventuels accords n’ont pas été officiellement précisés. Cette faiblesse des échanges constitue à la fois une limite et une possibilité pour les deux nations amies.
Le Cameroun dispose d’atouts dans l’agriculture, les services, le tourisme, les infrastructures et l’économie verte. Monaco, de son côté, peut mobiliser des réseaux économiques, des compétences et des acteurs spécialisés dans la finance, l’innovation, la philanthropie et la protection environnementale. L’enjeu serait de transformer ces complémentarités potentielles en projets identifiables : partenariats d’entreprises, financement de programmes sociaux, valorisation du patrimoine naturel, formation professionnelle ou initiatives liées à l’économie durable. Il faudra néanmoins distinguer les perspectives évoquées des engagements effectivement pris. À ce stade, aucune signature majeure n’est officiellement confirmée à date.
“Écoutez, nous avons évoqué, bien sûr, l’amitié entre nos deux pays et j’ai, bien sûr, relaté la très belle visite que j’ai pu avoir avec ma délégation au Edimar Princesse Grace aujourd’hui avec la Première Dame et madame la ministre. On a fait un large tour d’horizon des activités de nos deux pays et de la situation internationale” a souligné le dirigeant monégasque au micro de la presse nationale, à sa sortie au Palais de l’Unité.
En effet, la Fondation Prince Albert II de Monaco intervient sur les enjeux environnementaux à l’échelle internationale. Cette orientation peut ouvrir des perspectives de coopération autour de la protection des forêts, de la biodiversité, de la gestion durable des ressources et du financement de projets environnementaux. Pour le Cameroun, l’intérêt mutuel serait de mieux articuler préservation écologique et développement économique. Pour Monaco, il s’agirait de consolider une présence dans une région dont les enjeux environnementaux dépassent largement les frontières nationales. Cette visite constitue ainsi une nouvelle étape dans la consolidation d’un partenariat à forte dimension humaine et environnementale. Elle s’inscrit dans une tournée africaine de quatre jours qui a conduit le prince Albert II de Madagascar au Cameroun, avant une dernière étape au Sénégal. À Dakar, le souverain monégasque a pris part samedi 31 octobre, à la cérémonie d’ouverture des quatrièmes Jeux olympiques de la jeunesse, en sa qualité de membre du Comité international olympique. Au-delà des rencontres protocolaires, cette escale africaine traduit la volonté de Monaco de renforcer ses engagements et sa présence sur le continent africain, avec le Cameroun en partenaire privilégié.





